Lettre ouverte – Pourquoi vous ne devriez plus utiliser le terme « handicapé » à mauvais escient !


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Mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde disait Albert Camus

Le choix des mots est souvent tâche difficile dans notre société contemporaine. En effet, quand certains crient à outrance à l’attaque, d’autres répliquent en avançant le « politiquement correct » ou la « langue de bois ». Sans cesse, nous sommes confrontés au dilemme délicat d’être à la fois pondéré sans pour autant tomber dans une hypocrisie constante. Nombreux sont les exemples alimentant le débat et exacerbant les fossés entre ces différentes personnes se considérant, d’une part, comme « plus humaines », ou, d’autre part, comme « plus réalistes ».

Il n’est donc pas évident de savoir comment parler ou écrire sans heurter ou sans être « trop » conformiste. Toutefois, après avoir essuyé de vives critiques sur les réseaux sociaux – frôlant souvent les insultes et menaces – et après avoir contacté à plusieurs reprises les responsables des éditions en ligne des différentes journaux concernés, j’ai décidé d’écrire cet article afin de revenir sur un fait de société qui – selon moi – ne devrait plus exister à notre époque actuelle.

Parler de « handicapés » me pose, personnellement, plusieurs problèmes. 

Tout d’abord, voici quelques exemples tirés de la presse belge. Je tiens déjà à remercier certains responsables des publications pour avoir effectué un changement quant à la dénomination inadéquate initiale. En revanche, sachez qu’ils sont très peu à prendre en considération ces considérations.

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Pourquoi serait-il préférable d’utiliser le terme « Personne en situation de handicap » ?

  1. On est en situation de handicap : c’est le contexte qui fait le handicap et non la personne. C’est la situation dans laquelle l’on se trouve qui peut nous rendre maladroits, inadaptés, incompétents, face à un fait précis. Ainsi, je peux être en situation de handicap face à une tâche manuelle et ne pas l’être face à une tâche intellectuelle. L’on peut même aller plus loin en poussant la réflexion en détails : je peux être inapte à parler en public, je peux perdre mes moyens en voyant un clown car j’en ai peur, je peux ne plus savoir parler au contact d’une personne intimidante… Serais-je un pour autant « handicapé » ? Non, et pourtant, la généralisation du terme suit la même logique. De toute évidence, l’expression « en situation de handicap » me semble davantage appropriée.
  2. Elargissement de la notion-même de « handicap » : le handicap n’est pas forcément permanent, cela élargit la notion à tout individu qui éprouve des difficultés face à une situation dans un contexte précis. Le terme « en situation » replace le handicap sur un fait qui peut être déterminé dans le temps, dans une situation et un contexte.
  3. Même en étant en situation de handicap permanente, l’individu n’est jamais pleinement et totalement handicapé. Ce n’est pas faire preuve d’humanisme à outrance que de percevoir en chacun des capacités, des aptitudes ou des qualités. Le véritable handicap, c’est le regard des autres et la société qui veut – trop souvent – que tout soit conforme à des standards. Un exemple me vient à l’esprit : une personne atteinte de cécité peut très bien avoir « comblé » ce manque par une ouïe ultra-développée. L’Homme comporte de multiples facettes mais aussi des ornières. Si nous prenons le temps de s’ouvrir aux autres, il n’est pas inhabituel de percevoir ces éléments constitutifs qui font que chacun est unique. Voilà pourquoi je pense que nous avons tous un rôle à jouer dans notre société : non pas se mettre sans cesse en avant mais mettre en exergue les talents et qualités de chaque individu pour que chacun puisse apporter à l’autre. Et croyez-moi, tout le monde peut enrichir – sur différents plans – la vie d’autrui.
  4. La notion de respect pour ces personnes en situation de handicap n’est pas une fausse bienséance. Il n’est pas aisé d’avoir un minimum de confiance en soi et en ses capacités dans notre société contemporaine ; le respect et la juste dénomination de ce qui constitue notre monde est un premier pas à effectuer pour que ce respect entraine partage, relations, amitiés, amour, etc.

Errare humanum est, perseverare diabolicum !

Malgré mes nombreux efforts, peu de changements sont visibles dans la presse belge. Il en est de même pour les mentalités comme le démontrent les (trop) nombreuses critiques et basses paroles que les personnes soutenant cette idée et moi-même avons dû recevoir.

Pour conclure, je vous invite à réfléchir sur le fait que chaque personne est susceptible, à un moment donné, dans un contexte précis, de se trouver en situation de handicap. Voudriez-vous n’êtes considéré qu’à travers cet infime partie de votre être ?

220px-Disability_symbols.svgAu final, le handicap existe-t-il vraiment ? Qu’il soit temporaire ou permanent, léger ou lourd, visible ou invisible, le handicap apparait quand la société place l’individu dans cette situation. Si l’on se donne pour mission d’utiliser et de renforcer les forces d’artui, sans vouloir enfoncer ou dénigrer qui que ce soit pour se mettre en avant, alors le handicap ne sera plus qu’une simple différence presque insignifiante. Pour arriver à cet objectif, la première étape se place sans doute dans la juste dénomination des personnes en situation de handicap.

Loïc Noël
Mind Tab

http://www.mindtab.be

Pour aller plus loin :
http://claude.hamonet.free.fr/fr/art_jrm.htm

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5 réponses à Lettre ouverte – Pourquoi vous ne devriez plus utiliser le terme « handicapé » à mauvais escient !

  1. Virginie Saussez dit :

    Tout simplement … MERCI

  2. Francis dit :

    Tout juste Loïc Noël !

  3. Floriane Duvivier dit :

    Merci. Juste merci pour ce texte ! Je suis une personne concernée. Ce message est le message que je voulais toujours dire sens avoir les mots parfaits

  4. Mohamed EL HENDOUZ dit :

    Enfin ! MERCI !

  5. loicnoel dit :

    Merci à tous pour vos réactions ! Je suis ravi que cet article vous parle…

    Au plaisir de vous lire,

    Amitiés,

    Loïc Noël

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